Fig. 1 : Illustration du dispositif expérimental sur le site d’essai d’Agroscope à Changins en 2023. Chaque modalité est répétée sur quatre blocs de dix ceps, répartis aléatoirement sur la parcelle. Le cadre rouge représente l’un des  blocs sur lequel le biostimulant a été appliqué, tandis que le cadre bleu correspond au témoin non traité.

VARIABILITÉ DU CLIMAT : COMMENT PROTÉGER LA VIGNE

Le changement climatique façonne de plus en plus la viticulture en Suisse, non seulement par une hausse progressive des températures moyennes, mais surtout par une instabilité climatique croissante. Des études récentes montrent que la vigne est désormais exposée à des alternances plus marquées entre périodes chaudes et sèches et épisodes de fortes précipitations et d’humidité, exerçant une pression continue sur sa physiologie (Sodini et al., 2023). En Suisse, les projections climatiques indiquent une augmentation de la fréquence des sécheresses estivales, combinée à une demande évaporative accrue, accentuant le stress hydrique lors de stades phénologiques clés tels que la floraison et le développement des baies (MeteoSuisse, 2023 ; Zlatev & Lidon, 2022).

La campagne viticole 2023 a été marquée par des conditions de sécheresse prononcées dans plusieurs régions suisses, entraînant des pertes de rendement, en particulier pour les cépages sensibles au déficit hydrique comme le Chasselas, notamment sur des sols peu profonds et dans des parcelles exposées au sud. Dans ces conditions, la vigne active rapidement ses voies de réponse au stress, détournant ses ressources du développement des baies vers des mécanismes de survie (Schultz, 2000 ; Dalio et al., 2022). À l’inverse, la saison 2024 a été caractérisée par une forte humidité et des précipitations fréquentes, créant des conditions favorables au développement de maladies fongiques telles que le mildiou et l’oïdium, qui demeurent des causes majeures de pertes de récolte lorsque la pression infectieuse est élevée (Sodini et al., 2025).

UN DÉFI MAJEUR
Ces scénarios de stress alternés, sécheresse une année, excès d’humidité l’année suivante, devraient s’intensifier à l’avenir et représentent un défi majeur pour la viticulture suisse (Webb et al., 2021). Les recherches menées par Agroscope soulignent que le maintien de l’équilibre physiologique de la vigne est essentiel pour préserver la stabilité des rendements et la qualité des raisins, en particulier pour des cépages emblématiques comme le Chasselas (Zufferey et al., 2022). Soumises à des stress répétés, les vignes tendent à mobiliser davantage d’énergie pour leurs mécanismes de défense, au détriment des processus productifs, ce qui rend nécessaires des solutions capables de réduire la perception du stress et de stabiliser les relations hydriques de la plante, dans une perspective de viticulture durable en Suisse.

Face à ces conditions de plus en plus variables, le marché a connu ces dernières années une forte expansion, avec l’arrivée de nombreux bio­stimulants, engrais et intrants dits de « tolérance au stress », destinés à soutenir la performance de la vigne en situation de sécheresse, de chaleur ou d’autres contraintes abiotiques. La littérature scientifique montre globalement que ces produits peuvent améliorer l’efficacité d’utilisation des nutri­ments, l’état physiologique et les réponses au stress. Elle souligne toutefois une grande variabilité des résultats selon les saisons, les sites, les cépages et les pratiques culturales,...

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