TEXTE RÉANE AHMAD
Deux professionnels de la vigne partagent leur expérience des cépages robustes, de la diminution des traitements phytosanitaires aux perspectives de commercialisation.
Deux cantons, deux styles, deux histoires, et pourtant la même conviction : le choix des cépages robustes est le meilleur pour leur domaine. C’est ce qui ressort des témoignages du Valaisan Jean‑Blaise Gollut et du Genevois Raphaël Piuz. Ce vigneron-encaveur, à la tête de quatre hectares au Domaine des Dix Vins à Hermance, se souvient : « Par le passé, j’ai beaucoup idéalisé le bio et la biodynamie sur des cépages classiques, mais, en fin d’année je n’avais pas le sentiment de produire de manière écologique sur mon domaine, en bordure du lac Léman et fortement soumis à la pression des maladies. C’était particulièrement le cas lors des millésimes pluvieux, qui nécessitaient une vingtaine de traitements, notamment au cuivre, pour des pertes malgré tout importantes. Or, selon moi, l’écologie commence par moins de traitements. Le bio et la biodynamie prennent donc tout leur sens avec un matériel végétal adapté ». Aujourd’hui, grâce au développement des cépages résistants, les traitements ont diminué de 75 % et l’utilisation des produits phytosanitaires, minéraux et organiques a été divisée par dix.

À St‑Pierre-de‑Clages, La Maison des résistants déploie également une viticulture la moins impactante possible, du sol à la cave, dans une philosophie résolument optimiste et innovante. Sur la cinquantaine d’hectares bio du domaine, dont la moitié cultivée en propre, Jean‑Blaise Gollut a lui aussi fait face à la pression des maladies au début des années 2010 : « En 2012, j’ai testé les premières plantations de cépages robustes sur 1500 m2...

