Dans les coteaux de Fully, Caroline Frey défend une viticulture attentive aux sols, à l’ombre et à la réserve en eau pour mieux accompagner la vigne face à la sécheresse.
TEXTE MAGALY MAVILIA
De Bordeaux aux coteaux valaisans, Caroline Frey a travaillé la vigne dans les configurations les plus diverses. Aujourd’hui installée à Fully, en Valais, où elle a repris le domaine de Benoît et Maryline Dorsaz en 2025, l’œnologue-vigneronne met cette expérience à l’épreuve d’un climat qui change. Cette année, le Valais lui rappelle combien la vigne impose son tempo. Après des mois marqués par la chaleur et la sécheresse, Caroline Frey, comme tant d’autres, a commencé à vendanger dès la mi‑août. Des raisins plus petits, des rendements en baisse, des maturités qui s’accélèrent : face à ces nouvelles conditions, il faut anticiper, protéger et parfois repenser ses pratiques. Pour la vigneronne, un mot d’ordre : « il faut être prêt ».
Vous avez commencé les vendanges dès le 13 août. Quelles conséquences cette précocité a‑t‑elle sur la vigne et les raisins ?
On l’a vu venir depuis le début de l’année : canicules et sécheresse, tout s’est enchaîné. Si l’on a bien anticipé le travail de la vigne et les rendements, on peut malgré tout faire des choses excessivement jolies. Les rendements sont faibles : le chasselas, avec des grains qui pèsent habituellement entre 3...

